CR Trail Drôme 42km 2300D+ : un échec cuisant !


Retour, avec quelques semaines de retard, sur la première grosse course de cette année : le trail Drôme. Il devait me servir de test avant mon inscription à un ultra... mais le résultat fut tout autre.

Un mental au beau fixe

Tout était pourtant fait pour avoir un bon chrono. J'avais de superbes sensations lors de mes sorties, j'ai choppé quelques KOM sur STRAVA, j'ai mangé du D+ à ne plus en pouvoir...

C'est donc l'esprit léger que j'annonce à mon coéquipier de course, Ben, et non sans ironie : "Soit je fais un chrono de folie, soit j'abandonne"... Et bien... je n'étais pas loin de la vérité.

Un parcours très cassant

Dès le départ on se rend compte que nous ne sommes pas sur un trail de "rigolos". Les 3/4 des participants sont suréquipés : bâtons ultra légers, sacs, chaussures de marque... Mais tout ça sans entacher l'ambiance propre aux bons trails, vous le verrez plus tard.

Une fois le départ lancé, il ne nous faudra que quelques centaines de mètres pour rentrer dans le vif du sujet avec un bon pic à passer. La descente, qui nous amène jusqu'au premier ravito, se passe bien. En 7km, on s'est déjà pris 500 de D+.

On repart avec la pêche, mais des côtes complètement hallucinantes (plus de 30% à certains endroits) vont vite nous/me calmer ! 
Et c'est à partir de là que mes sensations ont totalement changé. A la moindre montée le cardio partait en flèche, les jambes étaient excessivement lourdes et ne voulaient pas repartir.
Voyant que quelque chose n'allait pas, j'ai demandé à Ben de ne pas m'attendre. J'ai tiré tant bien que mal avec des débuts de crampe aux deux jambes jusqu’au ravito de Buis au km 23.

Sur 2300 de D+ il me restait encore 1000. Une bonne pause s'imposait donc si je voulais finir la course.
Après quelques minutes d'étirement et de ravitaillement, je repars. Et c'est au tout début de la montée que deux horribles crampes m'ont pris le vastus medialis (oui j'ai regardé sur wikipedia pour savoir qui était le responsable de tant de douleur).

Me voilà à quatre pattes à essayer de défaire mes deux jambes de ces crampes, je vous laisse imaginer la scène.

Quelques gars me demandent si ça va .... Oui ça va, il n'y a pas grand-chose à faire de toute manière.
Après 5 bonnes minutes de lutte...contre moi-même...j'arrive à repartir. Sauf qu'il y a un problème : sur du plat ou en montée pas moyen de courir. Les crampes sont en embuscade et n'attendent qu'une petite accélération pour revenir en force. Je n'arrive pas à comprendre le pourquoi du comment ! J'ai pourtant déjà consommé 3L d'eau!

Bref je me dis qu'avec 1000m de dénivelé à faire.... Je suis clairement dans la m€£µ€ !
Je me suis donc traîné, à bout de force, entre désire d'abandon et sursaut d'orgueil, dans cette montée interminable de quasiment 10km. Montée qui aura eu raison d'un compagnon d'infortune qui tourne de l'oeil juste devant moi.
Je l'ai vite mis sur le côté à l'ombre, bide en vrac et gros malaise : il ne pouvait plus bouger. Au bout de 10 minutes un autre traileur prend mon relais pour que je puisse repartir.

Une fois arrivé au dernier ravito du km 32, j'alerte les bénévoles qu'une personne est à l’arrêt 3/4km plus bas. D'autres avaient déjà passé le message.
Une petite photo pour la "gloire" et c’est reparti !
La situation n'évolue malheureusement pas. Je double en descente et me fais doubler sur le plat ou dans les montées. Une traileuse me file des médocs anti-crampes... mais sans effet. Voilà que mon bide me joue des tours et commence à se crisper...décidément.

Après 2km de marche à une allure ridicule, j'arrive enfin à apercevoir la place du village et arrive à trottiner quelques centaines de mètres en grimaçant, un petit check à Ben qui m'attend depuis maintenant 30min...
Et après plus de 6h d'effort c'est la délivrance !



Malgré mon mal de bide j'ai une horrible fringale, direction le repas où je me reposerai avec Ben.
C'est seulement une fois sur une terrasse et en buvant un petit Monaco que j'ai pu prendre un peu de recul.

Les paysages étaient magnifiques, les odeurs de pin, de thym  de lavande...etc.
Cette course aura été un échec en termes de performance et de physique mais une réussite au niveau mental ! 
Rendez-vous le 21 mai pour un nouveau test avec les 43km du trail SoBugey.



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